L’assurance PNO protège le bailleur là où l’assurance du locataire s’arrête. Obligatoire en copropriété depuis la loi ALUR, souvent confondue avec la GLI, elle coûte en moyenne 100 à 250 €/an. Voici ce qu’elle couvre vraiment, combien elle coûte en 2026, et comment elle se distingue de la garantie loyers impayés.
Qu’est-ce que l’assurance PNO ?
L’assurance PNO (propriétaire non occupant) couvre le bailleur pour les risques liés à un bien qu’il possède mais n’habite pas — qu’il soit loué, vacant ou en cours de travaux. Elle prend le relais là où l’assurance habitation du locataire n’intervient pas ou plus : logement vacant entre deux locataires, sinistre dont la responsabilité du propriétaire est engagée, litige avec un locataire mal assuré ou pas assuré du tout.
Contrairement à une idée répandue, l’assurance du locataire (obligatoire pour lui à l’entrée dans les lieux) ne couvre pas le bailleur. Elle protège le locataire pour ses propres biens et sa responsabilité civile locative — pas le propriétaire pour sa responsabilité de bailleur ni pour les périodes où le logement est vide.
Obligation légale : ce que dit la loi ALUR
La loi ALUR du 24 mars 2014 (entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2015) impose à tout copropriétaire — occupant ou non occupant — d’être assuré au minimum en responsabilité civile. Ce n’est pas une option : le syndic peut exiger une attestation, et à défaut, le syndicat de copropriété peut souscrire une assurance pour le compte du copropriétaire défaillant, à ses frais, avec majoration.
Pour un bien en copropriété : l’assurance PNO (a minima responsabilité civile) est donc obligatoire, que le bien soit loué ou vacant.
Pour un bien individuel (maison, bien hors copropriété) : aucune obligation légale nationale équivalente à ce jour, mais l’exposition au risque (dégât des eaux, incendie, sinistre engageant la responsabilité du propriétaire) reste identique. La plupart des professionnels du secteur la recommandent dans tous les cas — l’absence de couverture PNO est l’une des causes les plus fréquentes de litiges financiers lourds pour un bailleur en cas de sinistre pendant une vacance locative.
Prix moyen d’une assurance PNO en 2026
Le prix dépend du type de bien, de la surface et du niveau de garanties :
| Niveau de couverture | Prix moyen annuel |
|---|---|
| Responsabilité civile seule | < 80 €/an |
| Multirisque standard — appartement | 105 à 150 €/an |
| Multirisque standard — maison | 200 à 336 €/an |
| Contrat complet avec option GLI incluse | > 400 €/an |
Ces montants restent modestes rapportés au risque couvert : un dégât des eaux ou un sinistre incendie non couvert peut représenter plusieurs milliers d’euros de réparation à la charge du bailleur. Pour un portefeuille de plusieurs lots, le coût cumulé reste marginal face au risque évité.
PNO, GLI, assurance habitation locataire : ne pas confondre
Trois contrats différents, souvent confondus, alors qu’ils couvrent des risques distincts et complémentaires :
- Assurance habitation du locataire — obligatoire pour le locataire (bail nu ou meublé), couvre ses biens personnels et sa responsabilité civile locative. Elle ne protège jamais le bailleur directement.
- Assurance PNO — souscrite par le bailleur, couvre sa responsabilité de propriétaire et le bien lui-même pendant les périodes de vacance, de travaux, ou en complément d’une assurance locataire défaillante.
- GLI (garantie loyers impayés) — souscrite par le bailleur, couvre spécifiquement le risque d’impayé de loyer et les frais de contentieux associés. Elle n’a aucun lien avec les sinistres matériels du logement.
Ces trois contrats sont complémentaires, pas substituables l’un à l’autre. Un bailleur bien couvert a en général une PNO systématique, et une GLI selon son appétit au risque locatif. Pour aller plus loin sur la garantie loyers impayés, voir notre dossier complet : GLI 2026 : la garantie loyers impayés vaut-elle vraiment son prix ? et combien coûte une GLI en 2026 : comparatif de 8 assureurs.
Ce que couvre (et ne couvre pas) une PNO
Une assurance PNO multirisque standard couvre généralement :
- Responsabilité civile du propriétaire (dommages causés à des tiers du fait du bien)
- Dégâts des eaux, incendie, explosion
- Catastrophes naturelles et technologiques (selon garanties souscrites)
- Bris de glace, vol/vandalisme (souvent en option)
- Défaut d’assurance du locataire (le bailleur reste couvert même si le locataire n’a pas d’attestation valide)
- Vacance locative (le logement reste assuré même vide, contrairement à une assurance habitation classique)
Elle ne couvre en revanche pas les loyers impayés (rôle de la GLI), ni les biens mobiliers du locataire, ni l’usure normale du bien.
Comment bien choisir son contrat PNO
Trois critères déterminants pour comparer les offres :
- Le niveau de garantie réel — une PNO « responsabilité civile seule » à moins de 80 €/an protège très peu ; vérifiez que dégât des eaux et incendie sont bien inclus avant de comparer sur le prix.
- Le mode de gestion en cas de sinistre — délai d’indemnisation, franchise, plafonds par sinistre. Ces éléments comptent plus que le prix affiché à la souscription.
- La compatibilité avec un logement vacant ou en travaux — toutes les PNO ne couvrent pas automatiquement les périodes de chantier ; à vérifier explicitement dans les conditions générales si vous prévoyez des travaux.
Gérer sa PNO (et ses sinistres) sans y penser
Pour un bailleur multi-biens, le point de friction n’est pas la souscription — c’est le suivi dans la durée : dates d’échéance dispersées par lot, justificatifs de sinistre à centraliser, attestations à transmettre au syndic chaque année. C’est un travail administratif de fond, invisible jusqu’au jour où une échéance est manquée ou qu’un sinistre traîne faute de suivi.
Le tier Premium d’Immofacto inclut un suivi natif des sinistres et diagnostics par lot (tracker dédié) — les échéances d’assurance, les sinistres en cours et les justificatifs à fournir au syndic sont centralisés au même endroit que le reste de la gestion locative, sans ressaisie. Voir le détail sur la page tarifs.
FAQ — Assurance PNO
L’assurance PNO est-elle obligatoire si mon bien est loué ?
Oui si le bien est en copropriété (loi ALUR, obligatoire pour tout copropriétaire). Hors copropriété, ce n’est pas une obligation légale nationale, mais fortement recommandé : le bailleur reste seul exposé en cas de sinistre engageant sa responsabilité.
Mon locataire est déjà assuré, ai-je encore besoin d’une PNO ?
Oui. L’assurance du locataire ne couvre jamais la responsabilité du propriétaire ni les périodes de vacance locative. Les deux contrats sont complémentaires, pas substituables.
La PNO couvre-t-elle les loyers impayés ?
Non. C’est le rôle de la GLI (garantie loyers impayés), un contrat distinct. Voir notre guide GLI 2026 pour ce risque spécifique.
Que se passe-t-il si je n’ai pas de PNO en copropriété ?
Le syndic peut, après mise en demeure restée sans effet, souscrire une assurance pour le compte du copropriétaire défaillant — à ses frais, généralement majorés par rapport au marché.
Pour aller plus loin
Cet article s’inscrit dans notre comparatif logiciels immobilier 2026 et complète notre dossier GLI 2026. Pour le cadre légal complet, consultez la fiche pratique DGCCRF sur l’assurance de la location immobilière.
